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Dieu (Qu’il soit exalté) a dit, qu’il ne modifie point ce qu’il a accordé aux hommes tant qu’ils ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. (1)
Ce verset a reçu de nos jours une interprétation particulière chez les musulmans : Les réformistes modernes s’y réfèrent pour soutenir leurs thèses sur le progrès et l’effort (Djihad,
que nous dénommons vulgairement en occident "guerre sainte") que doit fournir la communauté musulmane afin de parvenir au niveau atteint par les peuples d’Europe et d’Amérique dans l’ordre social, culturel, politique, moral.
Ils ont, à juste raison, souligné qu’aucune incompatibilité n’existe entre l’Islâm d’une part, et d’autre part la science, la technique, la philosophie modernes. Aux peuples musulmans de s’éveiller de leur torpeur, de raviver leur énergie,
s’ils veulent que Dieu les aide à progresser, sous peine d’être réduits par l’impérialisme politique ou économique avilissants et indigne de la civilisation que leurs ancêtres ont su créer.
La longue et dure pente á gravir par la communauté musulmane, ce qu’elle doit acquérir par un immense effort d’information, de transformation des mentalités, de remplacement des veilles structures de la société musulmane par des structures toutes neuves et vivifiantes,
en un mot son évolution et son adaptation au monde moderne doivent être envisagées dans le cadre de l’Islâm et ne jamais, sous peine d’échec ou de contresens, s’écarter de lui.
Le progrès, pour le musulman, est conçu d’une façon générale par ses théoriciens, non en dehors de l’Islâm, mais suivant ses donnés fondamentales. Le verset reçoit ainsi une interprétation dogmatique :
Dieu n’améliore le sort d’une société que dans la mesure où les éléments actifs et intelligents et les responsables honnêtes de cette société contribuent eux-mêmes à cette amélioration.
(rien a voir avec la folie des grandeurs des pétromonarchies du Golfe arabo-persique aveuglés par la manne pétrolière)
La volonté de survie des pionniers d’une telle renaissance, leur programme d’organisation, de réforme, de levée en masse, de marche forcée pour rattraper le temps perdu sont les thèmes communs développés avec une passion qui suppose une lutte,
une confiance totale en l’avenir, une conviction et une résolution d’une remarquable sincérité. Ce renouveau s'est manifesté au bébut du 19ème siécle avec des renovateurs,
comme Afghani, Abduh et Iqbal, pour ne citer que les plus connus. Ils s'en sont inspirés pour susciter un mouvement de transformation de la société musulmane, en vue de l'insérer dans le courant de la civilisation mondiale aprés des siècles de décadence.
Dans le monde moderne oú nous vivons, il ne s'agit pas d'apprendre au musulman comment vivre sa foi, il faut lui apprendre comment en faire bon usage. Les réformateurs et les guides religieux peuvent passer á coté de ce problème important,
s'il sont submergés eux mêmes dans la globalisation, le modernisme à tout prix, les fausses démocraties, la politique et le despotisme.
Il est vrai qu’aujourd’hui malheureusement, le monde musulman est gouverné par un ramassis de tirants et dictateurs qui ont pervertis leur religion et entravent douloureusement la marche de leurs pays vers le progrès,
de peur qu’une évolution débarrassée d’un esprit rétrograde ne puisse réveiller d’autres alternatives de leurs peuples en soif de liberté.
Au Maghreb comme au moyen orient, ces despotes corrompus, protégés et armés par des puissances occidentales investis à exploiter leurs ressources naturels, sans rien donner en échange. Bien au contraire,
ils concourent d’une manière perverse à saborder toutes tentatives suscitées par des intellectuels honnêtes et sincères. ils y vont même à promouvoir un islam obscurantiste,
violant et rétrograde par des prétendus religieux qui ne possèdent de musulmans que le nom.
Lire Polèmiques anti-islam en occident, les véritables causes
(1) Le Coran XIII,11 traduction française par:
Si Hamza Boubakeur (1912-1995) Paris fayard, 1978
Regis Blachère (1900-1973) G.P. Maisonneuve, 1966
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